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Message À chacun son niveau d'inconscience ❈ Leow W. Hopkins › Lun 29 Juin - 14:51

À chacun son niveau d'inconscience

Leow W. Hopkins ❈ Danahé Sisley
Après une petite journée à servir des cafés à des indécis et du thé à des mecs accrocs à leur téléphone si bien qu'il ne m'adressaient pas même un regard, je décidai de faire un détour chez Leow. L'après-midi avait été lourde et mes pieds me hurlaient d'aller me liquéfier dans un bain. Ils allaient devoir attendre. Guillerette sur le chemin, fredonnant des airs populaires, je pris un bus qui me déposa juste devant chez lui. Bien qu'il ne vivait pas dans le luxe, son immeuble paraissait bien plus entretenu que le mien... En même temps, il n'avait à devoir se battre contre des graffeurs incapables de faire une courbe sans trembler... Peut-être qu'un jour je viendrai à taguer mon propre immeuble... Rangeant cette idée dans un coin de ma tête, je sonnai à l'interphone et attendis que la porte s'ouvre pour rejoindre l'appartement de Leow.

Excitée comme à chaque fois que je vais voir Emy, je monte les escaliers sans penser à mes jambes qui ne prennent même plus la peine de me signaler la douleur qu'elles éprouvent. J'avais beau ne pas être quelqu'un de très physique, je faisais preuve d'une endurance sans pareil lorsqu'Emy était à la clé de mes efforts. J'entrai sans frapper et refermai la porte derrière moi en appelant mon trésor. « Emy ! » Mon intonation mielleuse me donne l'air d'être une gamine. Mais peu m'importait. J'étais le genre de mère qui comblait son absence par des tonnes et des tonnes de câlins, et elle la fille qui montrait que sa mère lui manquait dés qu'elle passer le palier de la porte en me couvrant de dessins. Alors que la princesse vient se jeter dans mes bras, je m'abaisse à sa hauteur et l'enlace à mon tour, l'embrassant longuement, m’imprégnant de son odeur et de sa chaleur. « Tu m'as manqué ma chérie », lui dis-je sans la lâcher.

Ma fille délie ses bras autour de mon cou pour me tendre le dessin qu'elle tenait dans sa main. « Regarde maman, c'est toi qui sauve des vies ! » D'un regard attendrit je l'embrasse sur le front en la remerciant. Elle m'avait dessinée en super-héroïne en blouse blanche. Emy devait sûrement penser que j'étais encore employée à l'hôpital... J'y avais juste fait de l'entretien pendant deux semaines... Pour les enfants, l'hôpital voulait forcément dire docteurs et guérison de gens malades. Cela me plaisait de voir ma fille me prendre pour un super-héros, mais cela me faisait aussi mal au cœur de voir à quel point ma vie était encore trop instable pour qu'elle puisse suivre la cadence. « Tu dessines très bien Emy, on pourra bientôt faire une exposition de nos œuvres toutes les deux ! » Même si mon jugement était faussé par la fierté que j'éprouvais de voir que ma fille aimait autant dessiner que sa mère, je n'étais pas totalement gaga et mon compliment avait une grande part de vrai. Je l'enlace à nouveau avant de me relever et de sortir de mon sac un cookie que j'avais récupéré au café où je travaillais actuellement. « Ne dit rien à papa », lui chuchotai-je avec un clin d'œil auquel elle me répondit par un sourire complice.

C'est fou tout le bonheur qu'Emy me procurait... Je la regarde partir dans le salon en cachant le cookie du regard de Leow qui avait très bien vu la scène. Le sourire aux lèvres, je m'approche de lui. « Salut Leow, comment vas-tu ? » Un bonjour plutôt neutre, mais toujours avec le sourire. La dernière fois que je suis passée, c'était pour lui demander de l'argent. Bien que je ne le prenne pas pour ma banque personnelle, je me suis toujours tournée vers lui lorsque j'avais besoin d'argent. Il n'avait jamais refusé, quand bien même il n'acceptait pas toujours avec le plus grand des enthousiasme. Cela dit, l'argent qu'il me donnait servait toujours à des causes responsables comme des factures, des médocs, des choses pour Emy... ce n'était pas pour aller faire la bringue, même si il serait raisonnable qu'un jour je me mette à faire un budget pour mieux gérer mes dépenses. Mais je suis tellement du genre à procrastiner que depuis mon arrivée à Marple Spring je parle de budgétisation sans jamais m'y mettre.

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Message À chacun son niveau d'inconscience ❈ Leow W. Hopkins › Mer 1 Juil - 2:04

À chacun son niveau d'inconscience

Leow W. Hopkins ❈ Danahé Sisley


Tiens, ça fait longtemps que je n’ai pas eu de nouvelles de Dana, trop longtemps, pense-je tout en mettant le couvercle sur la marmite où mijotait le plat du soir.

Je m’essaie ce soir à la daube. Bien que j’ai deux trois blagues à sortir à ce sujet, Emy ne pourrait pas comprendre. Un sentiment de solitude me traverse l’esprit un court instant… Jusqu’à ce que je me cale devant la télé, pour zapper les bêtises qui y passent. Une boule de poil tente de s’installer sur le divan, mais n’arrive qu’à poser les deux pattes, tout en remuant la queue. Un chien, oui mesdames, un chien. J’ai voulu faire plaisir à Emy et en dehors du fait qu’elle voulait nous voir, Dana et moi, vivre ensemble, elle voulait un chien. Natasha, une très bonne amie, nous a conseillés et nous avons fini par prendre, dans un refuge, un berger australien mâle de deux ans. Il est gentil, affectueux et ne demande que de l’attention bien qu’il soit un peu craintif. Et la petite l’adore. C’est le principal. Et je ne sais pas pourquoi elle l’a appelé Durillon … Oui parce qu’il faut que je m’arrête sur le nom choisi par Emy pour le clebs. Durillon… Pourquoi pas cors au pied aussi ! Je lui ai dit que ce n’était pas un nom pour un chien mais elle a insisté. Et ce chien porte le nom d’une formation de peaux mortes. Je ne peux pas lui refuser ça même si ce chien à un nom de merde.

Je finis par m’asseoir par terre à côté du chien qui se pose juste à côté et je le caresse un temps jusqu’à ce qu’il finisse par aller voir Emy. Me réinstallant sur le canapé, j’entends la voix fluette d’Emy arrivant en courant suivi du chien.

Paaapaaa, j’ai fait un dessin pour maman !

Je le regarde et découvre ce qui semble être Dana en tenue blanche. Un sourire apparaît sur mon visage et je n’ai pas envie de ramener sur terre ma fille. Elle semble croire que sa mère sauve des vies. Le jour où elle comprendra que sa mère touche-à-tout, je ne sais pas qu’elle sera sa réaction.

C’est très beau, et moi, j’ai le droit d’avoir un dessin ?

Nan…

Emy se met à rire et repars lorsque quelqu’un sonne à l’interphone. J’y réponds. Et comme de par hasard : Dana est en bas. Je l’annonce à la petite brune qui est heureuse et sautille dans tous les sens tout en parlant fort ce qui fait peur au chien qui va se cacher près du canapé. Je m’installe à côté de lui et le caresse à nouveau. Il a dû entendre des maîtres lui hurler dessus souvent. Une fois les tremblements passés, je peux voir la porte d’entrée s’ouvrir. Emy se précipite sur sa mère et discute quelques instants avec elle. Dana lui offre un cookie que la petite cache immédiatement. Je les regarde de loin en tournant simplement la tête, les mains toujours sur Durillon. La maman arrive, le sourire aux lèvres auquel je réponds à mon tour avec moins d’entrain.

Plutôt bien et toi ? Demande-je, prêt à tout entendre de sa part.

Le chien se met à bouger et fait le tour du canapé pour rejoindre Emy qui s’est assise sur la table à manger où elle continue de dessiner, tout en ayant caché le cookie sous des feuilles blanches.

Oh et je te présente Durillon, le petit dernier !

Je ne m’attends pas à ce que la nouvelle fasse plaisir !

Petit topo pour ceux qui ne sont jamais venu: L'appartement est rectangulaire : un couloir amène au salon qui fait aussi salle à manger. Un petit balcon longe, le salon et la cuisine. Ces dernières sont deux pièces distinctes. Le même couloir fait un angle et amène aux deux chambres et salle de bains avec au bout du couloir les toilettes.


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Message À chacun son niveau d'inconscience ❈ Leow W. Hopkins › Mer 1 Juil - 9:05

À chacun son niveau d'inconscience

Leow W. Hopkins ❈ Danahé Sisley
Loin de moi l'idée d'attendre de Leow qu'il m'accueille avec des cotillons et des banderoles, je me satisfaisais de sa mine presque patibulaire qui tente d'afficher un sourire. Si un jour je lui demande d'arrêter de faire semblant de sourire et de commencer à être heureux, il aurait sûrement des remarques toutes faites bien cinglantes à me renvoyer dans la figure... Quand bien même il aurait raison, ça ne justifiait pas son épanouissement qui semblait proche des négatives. Non, vous comprenez pourquoi ça n'aurait jamais pu fonctionner entre nous ? « Plutôt bien et toi ? » Il serait sûrement tenté de croire que je venais ici encore pour l'argent... J'étais déjà venue pour ça cette semaine et pour le moment, je pouvais attendre le mois suivant. Je n'aimais pas cette retenue qu'il avait vis-à-vis de moi. Parce que j'étais la mère de sa fille il s'assurait que je ne manque de rien, mais pourquoi ne pouvait-il pas seulement accepter que je puisse être là juste pour voir ma fille et lui offrir un semblant de vie de famille ?

Ma plus grande crainte était que les chemins que Leow et moi empruntions s'éloignent et qu'on ne puisse plus se voir tous les trois... Les erreurs de mes parents planaient autour de moi et je refusais de voir ma fille grandir sans connaître l'amour des siens, leur chaleur, leurs attentions, leur présence... Je m'étais rendue compte trop tard d'à quel point être seule, sans autorité, pouvait causer des ravages. Pour Emy, je serais prêt à tout donner afin qu'elle n'ait pas à vivre ce que j'ai vécu. Quand bien même il existe mille façon de passer une enfance de merde encore plus traumatisante que la mienne, je restais sur mes gardes et veillais à être là pour elle le plus souvent possible - au grand désarroi de Leow qui ne devait pas y comprendre grand chose. Car même s'il connaissait beaucoup de choses sur moi, je n'étais pas du genre à déballer mes sentiments, mes souvenirs, surtout s'ils sont négatifs. Si un jour j'en ressens le besoin, pourquoi pas, mais pour le moment, je me contente de laisser me regarder avec cette impression que jamais rien ne pourra tourner rond dans ma vie, instable que je suis.

A part l'argent, le seul sujet fâcheux que nous abordions était l'éducation de notre fille et son environnement. Cela donnait souvent lieu à quelques étincelles, mais on arrivait souvent à des compromis. Or, là...« Oh et je te présente Durillon, le petit dernier ! » D'abord les yeux plissés par l'improbabilité que durillon soit un nom, je redoutai ce qui allait suivre à cet appel... Une boule de poil presque aussi haute qu'Emy arriva aux pieds de Leow. Retenant un cri de stupeur, je fus traversée par diverses émotions qui me firent serrer les poings. « Un chien ? » Chuchotai-je avec une voix acerbe. Je n'étais pas sans savoir qu'Emy voulait un chien mais pour moi, ça avait toujours été hors de question. Premièrement, je n'affectionnais pas particulièrement les chiens, ni les chats ni les iguanes ni tout autre animal domestique ! (oui, les iguanes peuvent être des animaux domestiques xD) Ce n'était pas temps l'idée que ce soit un chien mais tout autre animal. La seule fois où mes parents jugèrent intelligent de m'offrir un chien à la place d'un petit frère ou d'une petite sœur, ce dernier - sortant d'un refuge - avait tenté trois fois de me tuer... quand ma mère l'a ramené, on nous apprit que son ancien maître l'avait élevé pour s'en prendre à sa femme qui commettait l'adultère à chaque fois qu'il partait... Et deuxièmement, on ne pouvait pas contrôler un chien, quand bien même il ne serait pas dressé par un sociopathe de première catégorie, que ce soit en jouant ou par mauvaise humeur, il pouvait se retourner contre Emy à n'importe quel moment. Je ne supportais pas l'idée qu'elle soit H24 avec un chien. « Tu ne penses pas que tu aurais pu m'en parler avant ? » Questionnai-je Leow à voix basse en regardant avec dégoût la boule de poils.

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Message À chacun son niveau d'inconscience ❈ Leow W. Hopkins › Mer 1 Juil - 21:24

À chacun son niveau d'inconscience

Leow W. Hopkins ❈ Danahé Sisley

Pourquoi je me doutais que ça allait mal finir cette histoire de cleb? Vous pouvez peut-être dire que je m'emporte mais nos engueulades murmurées commencent toujours comme ça. M'enfonçant un peu plus dans le canapé, mon regard se pose sur la mère d'Emy qui me demande pourquoi ne pas lui en avoir parlé. J'ai bien envie de lui dire "merde" mais la petite est là et elle comprend très bien lorsqu'on épele une injure. Ne répondant pas à sa question, je pousse un soupir. Il est temps d'envoyer notre fille dans une autre pièce.

Emy, c'est l'heure d'aller te laver, dis-je calmement

Mais maman est là! chouina-t-elle en me regardant, boudeuse.

Maman reste pour manger.

Le ton de ma voix semble ne pas lui donner le choix pour être infaillible devant Emy mais je me pose quand même la question: va-t-elle rester pour manger? Je regarde Dana qui hoche de la tête tandis que la petite nous regarde successivement puis finit par descendre de sa chaise, prenant le cookie avec elle afin de le cacher de mon regard intransigeant.

Laisse-le, tu le mangeras en dessert.

Elle s'arrête et la petite regarde sa mère comme si le secret venait d'être mis au regard du monde. Elle attend un signe de Dana. Je sais que je suis dur avec elle mais je ne veux pas d'une fille qui n'obéit pas . Ce que j'ai appris des autres parents et des livres que j'ai potassés sur "comment élever son enfant", tous disent que les enfants ont besoin de base solide dès le plus jeune âge. Il faut savoir être ferme mais tendre à la fois, ne pas céder ou céder immédiatement. Bon pour ça, je suis assez mauvais surtout que j'ai un sacré petit caractère en face de moi. Un peu comme sa mère...

Le chien commence à suivre notre fille en direction de la salle de bains, mais je l'appelle pour qu'il reste ici. Le chien ne répond pas mais j'attrape un jouet sur le sol, un de ses jouets horribles qui couinent quand on les presse. Durillon, nom de merde, vient rapidement près du canapé pour s'asseoir à côté du jouet et le mordre. Je lui tapote la tête et me lève pour me diriger dans la cuisine après avoir monté le son de la télévision.

Qu'est-ce que ça aurait changé Dana? Pour que tu me dises que tu ne veux pas de chien... chez moi? Demande-je simplement.

Je prends une spatule et décide de remuer le plat qui mijote. Je tourne ma tête vers Dana sans être prêt à me faire passer un savon par la mère de mon rayon de soleil. Je vois du coin de l'œil que Durillon est dans l'embrasure de la porte ouverte en grand, assis me regardant, probablement alléché par l'odeur de la viande, langue pendante.

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Message À chacun son niveau d'inconscience ❈ Leow W. Hopkins › Ven 3 Juil - 13:48

À chacun son niveau d'inconscience

Leow W. Hopkins ❈ Danahé Sisley
Alors qu'intérieurement je bouillonnais, la présence de ma petite princesse apportait un calme sur mon visage. Je n'étais pas du genre à garder mon sang-froid mais Emy avait ce don de retenir mon impulsivité. Quand elle sera en âge de comprendre ça, il faudra que je la remercie. Un enfant, on a d'abord peur que ça nous prenne tout notre temps et nous force à nous oublier. En vérité, ce n'était le cas que pour les premiers mois. Dés lors qu'il n'est plus un bébé, ça nous apporte tellement que tout ce qui peut se passer à côté devient futile. Mais Emy avait déjà six ans et devenait moins dépendante de nous, ses parents. Ce qui pouvait me réjouir car je pouvais avoir plus de temps libre qu'avant, mais en réalité, une partie de moi en souffrait. Je m'étais faite à l'idée que ce petit trésor avait besoin de sa mère. Aujourd'hui, je jalouse Leow et me rends compte qu'être mère est probablement la plus belle chose qui m'ait été donné de vivre. A côté de ça, le fait d'avoir été reniée par mes parents, d'avoir zoné une bonne partie de ma grossesse, je me disais que ça valait le coup. S'il fallait retourner en arrière, je ne changerai rien.

Malgré les discordes incessantes qui résidaient entre Leow et moi, je ne regrettais rien. De notre erreur était arrivé un miracle. Sentant que mon calme était tout de même mis à l'épreuve - ou qu'il ne garderait pas le sien éternellement - il envoya Emy à la douche. « Emy, c'est l'heure d'aller te laver. » Je regarde Emy avec un sourire. « Mais maman est là ! » Protesta l'enfant. « Maman reste pour manger. » Quel négociateur... J'acquiesce toutefois d'un signe de tête. Il s'avérait que j'étais plutôt conciliante sur la façon dont nous interagissions avec Emy. Elle était sûrement assez grande pour comprendre qu'entre son père et moi ce n'était pas l'amour fou et qu'on n'était pas toujours d'accord entre nous, mais nous nous efforcions de l'éloigner de tout cela. Je ne voulais pas que plus tard, elle culpabilise. Certes, c'est sa présence qui nous incitait à rester proches et à débattre sur des sujets où nous n'étions pas forcément d'accords, mais c'était un prix que nous acceptions pour préserver son équilibre.

Tentant de cacher son cookie, son père céda à faire comme s'il n'avait rien vu et lui demanda de le laisser, assurant qu'elle pourra le manger au dessert. Son regard fautif donna un élan de sincérité à mon sourire. « File, Emy » lui dis-je, amusée, avec un clin d'œil complice. C'était plaisant de la voir chez Leow. D'une part parce que c'était plus grand que chez moi, mais d'autre part parce qu'au moins, je n'avais pas à jouer le rôle de la flic. On pourrait croire que je lui cédais aisément et que je m'efforçais de combler toutes ses envies, mais la réalité était qu'au contraire, je lui faisais comprendre que chaque chose devait se mériter et qu'on ne pouvait pas toujours faire ce qu'on voulait. Ce n'était pas toujours facile et mes méthodes n'étaient pas toujours les plus pédagogiques étant donné que je n'avais pour exemple que des sites où des parents tentent d'expliquer comment éduquer un enfant. Je ne me fiais pas trop à ce genre de forums, même si faute d'exemple parental, je me renseignais dessus. Pour moi, chaque enfant étant différent, aucune méthode d'éducation n'était mieux qu'une autre. Il fallait s'adapter à son enfant et trouver ce qui était le mieux pour lui, ce qu'il comprenait le plus facilement et qui l'éveillerait.

Un chien, par exemple, n'était pas une bonne idée côté éducation : une peluche vivante et qui, mal dressée, pourrait nuire à Emy. Notre fille avait beau déborder d'énergie, je ne doutais pas une seconde qu'elle ferait attention à... Durillon... >< mais il y avait un facteur aléatoire : la personnalité du chien. Si un jour elle joue trop avec lui et qu'il décide que ça ne lui plaît pas ? Cette crainte que l'animal ne se retourne contre elle m'obsédait. Suivant Leow dans la cuisine, je m'attends à sa réaction. « Qu'est-ce que ça aurait changé Dana ? Pour que tu me dises que tu ne veux pas de chien... chez moi ? » Il marquait un point, c'était chez lui. Mais chez lui résidait ma fille... « Ça aurait déjà changé cette impression que j'ai que tu tentes de m'éloigner des choix qu'on est censé faire à deux concernant son éducation. » Je secoue la tête frénétiquement. « Je ne remets pas en cause le fait que tu veuilles tout faire pour qu'Emy soit heureuse mais je ne pense pas que c'est en lui offrant tout ce qu'elle désire en me laissant sur la touche que tu vas gagner la médaille du père de l'année », m'indignai-je avec une pointe de colère. Je ne jalousais pas le fait qu'il puisse lui offrir tout ce qu'elle demande, même si c'est sûrement la conclusion qu'il se fera dans sa tête, mais la façon dont il le faisait.

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Message À chacun son niveau d'inconscience ❈ Leow W. Hopkins › Dim 5 Juil - 1:30

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Leow W. Hopkins ❈ Danahé Sisley

Je reste con lorsqu’elle répond à ma question. Fixant le plat mijotant dans sa sauce, je l’entends me parler de l’éducation d’Emy. Serrant les dents, Dana ose me dire que je la laisse sur la touche. Médaille du père de l’année ? Six années consécutives madame ! Qui est-ce qui s’en occupait quand elle avait le moral dans les chaussettes alors que je n’avais aucune connaissance sur les bébés ? Qui est-ce qui a assuré un revenu financier pour nourrir trois bouches quand l’une d’elle était incapable de travailler? Alors merde, je ne dois pas entendre ce genre de mot de sa part, ça me met hors de moi.

J’ouvre la bouche pour parler mais la refaire immédiatement, ma tête montre que je suis médusé, choqué par ses paroles. L’artiste se mélange les pinceaux ? Posant la spatule au bord de la casserole, je me tourne vers elle, m’appuyant contre le rebord du meuble de cuisine.

Où…

Je ne sais pas par quoi commencer à vrai dire. Voilà nos éternelles disputes, incapables de parler simplement, il faut toujours que le ton monte comme si l’engueulade était le seul moyen que nous avions trouvé pour communiquer. Mes sourcils se froncent, cherchant à comprendre ce qu’elle veut dire.

Attend, c’est quoi le rapport entre un clébard et son éducation ?

Je marque une pause mais enchaîne, ne lui laissant pas le temps de répondre :

Je vais te dire, il n’y en a aucun. Ça te pose problème que je puisse lui payer quelque chose ? Tant pis, tu n’as qu’à faire ce qu’il faut pour en faire autant ! Je ne peux pas emmener ma gosse, notre gosse, en vacances cet été, alors oui, j’ai accepté de lui prendre un animal de compagnie. C’est la même chose que quand tu lui prends ses poupées et autres conneries qui débordent de sa chambre. La même chose. Oh ! Et puis le père de l’année, je dois l’être puis que je dois gérer deux gosses, ajoute-je sarcastique.

Je reste droit, sans un mouvement, planté dans le sol, près à recevoir le souffle de l'enfer en guise de réponse. Sous le regard du chien, nous commençons une dispute qui finit toujours par revenir sur le même sujet. Les problèmes de Dana. Oui, c’est bien d’elle que je parle en tant que second gosse vu que je dois lui donner de l’argent presque tous les mois, voir tous les deux mois parce qu’elle veut vivre sa vie de bohème. Qu’elle est un rôle important dans l’éducation de sa fille oui mais de la part d’une personne qui n’est pas capable de se gérer elle-même, c’est difficile de vouloir laisser toute sa liberté d’action.

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Message À chacun son niveau d'inconscience ❈ Leow W. Hopkins › Dim 12 Juil - 14:36

À chacun son niveau d'inconscience

Leow W. Hopkins ❈ Danahé Sisley
Bien que nous soyons de bons amis, dés qu'il s'agissait d'Emy ou de ma situation, ça partait en étincelles. Je le savais mais me retenir de dire ce que je pense m'était impossible. J'avais ce côté franc et sans retenue qui déplaisait et qui amenait à des discordes. Sans savoir si je préférais me taire ou exprimer mes pensées, je restais focalisée sur la confrontation sans chercher à nier ce que j'avais dit ni tricher pour calmer le jeu. Leow s'indignait, se posant contre le plan de travail. « Attend, c’est quoi le rapport entre un clébard et son éducation ? » Mes yeux se plissent. Comme s'il ne comprenait pas... Soit il ne cherchait toujours pas à se mettre à ma place, soit il saturait purement et simplement. « Je vais te dire, il n’y en a aucun. Ça te pose problème que je puisse lui payer quelque chose ? Tant pis, tu n’as qu’à faire ce qu’il faut pour en faire autant ! Je ne peux pas emmener ma gosse, notre gosse, en vacances cet été, alors oui, j’ai accepté de lui prendre un animal de compagnie. C’est la même chose que quand tu lui prends ses poupées et autres conneries qui débordent de sa chambre. La même chose. » Je secoue la tête frénétiquement, troquer des vacances contre un chien, super, tout à fait logique. Mais j'évite de relever quoi que ce soit, le laissant terminer ce qu'il avait à dire. « Oh ! Et puis le père de l’année, je dois l’être puis que je dois gérer deux gosses » Mon regard se détourne dans un rictus incontrôlé.

Loin de moi l'idée de contredire Leow s'il parle de son investissement dans ce qui aurait dû être notre famille. Il a tout le mérite possible. Cela dit, je ne peux pas changer ce que je suis. Les difficultés que j'ai eu m'ont dessiné d'une certaine façon et je ne veux pas être en contradiction avec moi-même si c'est pour finir comme le légume que j'étais après la naissance d'Emy. Cependant, je ne veux pas non plus qu'on me regarde comme la dégénérée que j'ai pu être plus jeune - même si je le suis encore - lorsque je suis avec ma fille. Emy est la seule personne qui me rend responsable, stable. Elle est la seule personne qui a été capable de me donner des repères. J'ai peur qu'elle s'éloigne de moi, d'où le fait que j'accepte chaque mouvement de Leow. Mais la vérité c'est que quoi que Leow décide pour elle, je dois suivre. Là où c'est fourbe, c'est que j'ai toujours le choix d'accepter ou non. Cela dit, il avait déjà pris sa décision, je n'avais pas tellement mon mot à dire. « Et bien tu sais quoi, bravo. De toute façon je commence à me faire à l'idée que tu veuilles contrôler le moindre fait. Pour quelle raison ? Ça reste encore un sacré mystère. Tu n'as aucune considération pour moi en tant que femme, ok. Mais en tant que mère ? Chaque fois que tu m'évinces des choix que tu poses pour Emy tu confirmes que pour toi je n'ai aucun droit de réclamer la place qui pourtant me revient. J'en ai assez que tu me reproches constamment d'être ce que je suis. Pourquoi ne pourrais-tu simplement pas l'accepter une bonne fois pour toute ? » Je marque une pause, remarquant que mon ton montait. Je ne voulais pas débattre avec tant de véhémence mais la vérité est que j'en avais sur le cœur et qu'il fallait bien que ça sorte un jour...

Amenant mes mains à ma tête comme pour l'empêcher d'exploser et me calmer, je reprends d'un ton plus bas. « Ce n'est pas comme si tu faisais quoi que ce soit pour essayer de changer les choses entre nous. Tu es là et quand bien même c'est déjà beaucoup vu tous les efforts que tu as donné après la naissance d'Emy mais la façon dont tu me regardes, même ta façon d'agir avec moi, tout ça ne fait qu'empirer les choses. Mais c'est rien, ça n'a aucune importance. Tant que tout va bien pour toi et qu'Emy est heureuse, pas vrai ? » Je ne finis même pas ma tirade. Je suis lassée de toujours nous voir se lancer dans ces embrouilles qui ne mènent jamais à rien. A chaque fois cela part en règlement de compte et je suis souvent celle qui en prend pour son grade. Je ne suis pas aussi géniale que Leow, je suis sûre que même son entourage le voit comme un super-héros et moi comme une mère irresponsable et débauchée incapable de quoi que ce soit. Cela ne me donne pas envie de me démener, bien au contraire : ça me blase tellement que j'ai juste envie de tout lâcher. Si Emy n'avait pas été là, jamais je n'aurais atterri dans ce trou. Je n'aurais pas forcément mieux réussi ailleurs, mais au moins j'aurais pieds dans la mer. Là, je lutte pour garder la tête hors de l'eau avec toutes ces voix qui me répètent sans cesse que je ne suis qu'une incapable et que tout est de ma faute. Alors j'ai un gros deal with it tatoué sur le front et dommage pour les mécontents.

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