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Message You look like a stranger + Demy&Lana › Mar 29 Déc - 19:26

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Le temps était plutôt clément, aux Etats-Unis. Lorsque Demyan voyait ses voisins, ou les passants, porter manteaux, écharpes et gants alors que lui avait du mal à garder sur lui ne serait-ce qu'une veste, il se décrétait chanceux d'avoir vécu la majeure partie de sa vie dans un pays que l'on pouvait réellement considérer comme glacial. Enfin, en hiver. Mais Marple Spring ... Ce n'était pas réellement un temps hivernal tel qu'il les connaissait. Aussi, comme à son habitude, il n'avait pris avec lui qu'une veste, alors même que le soleil n'était pas totalement levé. Il aimait particulièrement aller courir à l'aube, alors que personne n'était encore vraiment levé, et que la ville demeurait endormie. On ne pouvait pas dire qu'il était vraiment asocial, mais il préférait réellement la compagnie de ses carnets à dessin plutôt que celui de ses modèles. Cela n'avait pas toujours été le cas, il devait bien l'admettre. A une époque, cette solitude était sa pire ennemie. Mais en ayant un passif comme le sien, c'était sans doute le mieux que l'on pouvait souhaiter à n'importe qui, ne jamais croiser sa route. A Londres, il avait réussi à rester assez longtemps pour abattre sa carapace et laisser entrer un nombre incalculable de personnes dans sa vie. Ce n'était pas réellement une mauvaise chose, il en convenait, mais il avait mal vécu son départ. Et pourtant, il le devait. Son père le lui avait bien fait comprendre, Londres n'était pas assez loin de Moscou, en réalité. Il avait donc pris toutes ses affaires, avait dit adieu à ses proches, à son travail, et sans un regard en arrière, avait quitté la ville anglaise pour le Nouveau Continent. Tout recommencer n'était pas chose aisée loin de là, alors le faire deux fois, c'était bien au-dessus de ses forces, et il préférait perdre son temps et son énergie dans son travail plutôt qu'à se sociabiliser.

Voici donc la raison pour laquelle il se retrouvait sur le terrain d'athlétisme à sept heures du matin, seul, accompagné seulement par ses écouteurs, enfoncés dans ses oreilles, qui lui renvoyaient des musiques aléatoirement, destinées à le motiver. Le terrain était vide, et avant de commencer sa course, le russe prit le temps de profiter de l'atmosphère. Il n'y avait rien de tel que l'impression d'être seul, que personne ne vivait à des kilomètres à la ronde. Au bout de quelques secondes, il partit en petites foulées. Demyan adorait courir. C'était une activité qui l'apaisait, autant que certains se défoulaient sur un ring ou en courant derrière un ballon de football. Lui, il courait. Sans but, sans réel objectif que celui de s'épuiser physiquement, de sentir ses muscles crier. Au bout d'une demi-heure, il jeta sa veste sur le côté. Il en aurait volontiers fait de même avec son t-shirt, mais ce n'était peut-être pas forcément une bonne idée alors que n'importe qui pouvait arriver, il serait bien assez vite considéré comme fou de ne pas avoir enfilé de gants.

Demyan ne sut pas vraiment combien de temps il resta là, à courir, seul, s'accordant quelques minutes de pause de temps à autre. Mais lorsqu'il fut trop épuisé pour continuer, le soleil avait déjà bien amorcé sa course dans le ciel. Attrapant sa bouteille d'eau qu'il vida d'une traite, avant de récupérer son sac et sa veste, Demyan se dirigea vers les douches. Il n'aimait pas vraiment utiliser les endroits communs, ni pour se laver, ni pour le reste, mais lorsqu'il venait de se tuer à la course, c'était sans doute la meilleure chose à faire. L'eau dévalant sur son visage et son corps lui fit du bien. Il prenait toutes ses douches pratiquement froides, ce qui avait pour but de le revigorer. Récupérant une serviette une fois qu'il eût fini, il l'enroula autour de sa taille pour accéder au casier qu'il avait pris sans avoir à se balader nu, et une autre pour s'essuyer les cheveux. Alors qu'il tournait à l'angle de la pièce pour sortir au milieu du vestiaire, cependant, il entra en collision avec quelqu'un d'autre, sans doute quelqu'un qui sortait des douches féminines, se trouvant en face. "Oh, je suis vraiment désolé, je ne vous avais pas..." Sa voix mourut sensiblement lorsqu'il releva la tête pour se retrouver face à ... Lana. "Vu."  

© charney
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Message You look like a stranger + Demy&Lana › Mar 29 Déc - 20:09


   
   Demyan & Lana
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L
ana fourra ses affaires de sport dans son sac et quitta la petite chambre d'hôtel qu'elle louait pour le moment, en attendant de trouver un petit appartement ou un studio pas trop cher. Elle enfonça des écouteurs dans ses oreilles, alluma son lecteur de musique et se mit en route, direction la salle de sport. Elle y alla à pied : à cette heure-ci, il n'y avait que peu de bus et elle n'avait ni voiture, ni vélo. De toute façon, elle préférait marcher. Il faisait encore frais, le soleil était à peine levé. Elle avait enfilé une veste et une écharpe pour se protéger du froid. Elle aurait du avoir l'habitude, après tout il faisait mille fois plus froid à Moscou qu'ici, en hiver, mais elle avait toujours été un peu frileuse et préférait largement le confort et la chaleur d'une écharpe que grelotter en petit pull. La salle de sport était plutôt un véritable complexe, équipé de tout le matériel nécessaire et doté de plusieurs terrains : foot, basket, athlétisme, il y en avait pour tous les goûts.

La jeune femme pénétra à l'intérieur du bâtiment, vide, hormis l'homme derrière le comptoir qui lui adressa un petit signe en guise de bonjour. Le forfait ici n'était pas excessif et lui permettait de faire du sport ailleurs que dans un parc. Lana se changea, renfonça ses écouteurs dans les oreilles, et se lança sur un tapis de course. La Romanova ne regarda pas l'heure et ne s'arrêta que lorsqu'elle n'en pu plus. Essoufflée, les membres épuisés, elle ne s'en sentait pas moins extrêmement bien, détendue. Parfaitement réveillée, elle était prête à attaquer la journée même si celle-ci allait s'annoncer assez calme. Elle ne travaillait pas aujourd'hui, son boulot à la galerie n'étant qu'un travail à mi-temps, et les recherches d'appartement ne lui prendraient pas toute la journée. Elle irait peut-être peindre un peu, ou alors se balader. Hors de question qu'elle reste dans sa chambre d'hôtel en tout cas.

Sa conscience lui souffla qu'elle pourrait utiliser ce temps libre pour rechercher Demyan. Après tout, elle était venue ici pour le retrouver et obtenir des explications. Pourtant, elle n'avait pas encore franchit le pas de le rechercher. Ce serait sûrement assez facile, un annuaire et elle le retrouverait. Mais elle évitait de trop y penser, ce qui n'empêchait pas que chaque sortie se fasse avec une légère appréhension, celle de croiser le Russe par hasard. Lana soupira et se détacha les cheveux, secoua la tête pour les démêler et se glissa sous une des douches des femmes. L'eau chaude lui dénoua les muscles, la réchauffa et contribua également à la détendre un peu plus. Une fois parfaitement propre, elle enroula une serviette autour de son corps, ses cheveux mouillés dans le dos, et chercha ses affaires. Qu'elle avait oubliées. La brune se mordit fortement la lèvre, se morigénant pour cet oubli. Elle passa la tête au dehors des vestiaires, constata qu'il n'y avait toujours personne, et se dépêcha, sur la pointe des pieds, de rejoindre son casier pour aller se changer, ses affaires de sport à la main, l'autre retenant sa serviette. Concentrée sur ses pas afin de ne pas glisser, elle ne vit pas la porte du vestiaire des hommes s'ouvrir et rentra de plein fouet dans celui qui sortait de là. "Oh, je suis vraiment désolé, je ne vous avais pas... Vu."

Lana écarquilla les yeux pendant que Demyan relevait la tête et se rendait compte de qui il avait en face de lui. La Russe sentit ses joues s'envahir de rouge et ouvrit la bouche, la referma. Elle n'avait pas prévu de le rencontrer ici, elle n'avait pas prévu de le retrouver par pur hasard, elle n'avait pas... Ses joues devinrent encore plus cramoisies quand elle se rendit compte qu'elle était nue sous sa serviette et qu'elle sortait de la douche. Ce n'était pas comme ça que ça devait se passer. Elle aurait du décider du moment, du lieu, et être en pleine possession de ses moyens. "C'est pas grave, je n'ai rien." furent les seuls mots qui sortirent de sa bouche, et encore, sans beaucoup d'assurance. La jeune femme sentit la gêne l'envahir, sans savoir quoi faire.
WILDBIRD
 
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Message You look like a stranger + Demy&Lana › Mar 29 Déc - 21:18

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Il y avait un effet vicieux au fait de ne pas vouloir se rappeler du passé, à tout faire pour qu'il disparaisse, ne plus y penser, faire comme si on ne l'avait pas vécu. Certes, on arrivait à plutôt bien vivre, mieux, sans doute, que si les souvenirs avaient afflué chaque jour et que la tristesse, la nostalgie et la culpabilité se retrouvaient être compagnes de toujours. Mais on échappe pas définitivement aux actes que nous avons perpétré. Demyan en avait eu un bref avant goût à Londres, lorsque son père était apparu, lui rappelant qu'il n'était pas seulement le tatoueur couvert de marques et apte à sortir faire la fête que l'on pensait. Non, il était aussi le fils d'un politicien, le russe expatrié qui n'avait jamais réellement fait ses adieux à sa patrie. En prenant un billet sans retour jusqu'aux Etats-Unis, on aurait pu croire qu'il n'aurait plus à faire face à ce genre de désagréments. D'Armyanski, il se plaisait à croire qu'il n'en avait plus que le nom. Jamais il ne s'était apparenté à celui qui l'avait mis au monde, jamais il n'avait trouvé une quelconque ressemblance caractérielle. Mais peut-être avait-il tort. Peut-être sa capacité à oublier faisait-elle partie intégrante du détachement dont son père faisait preuve quant aux sentiments. Comme le début de la fin, sans aucun doute. Si certains semblaient connaître de lui une facette dont il n'avait aucun souvenir, leurs paroles lui rappelait souvent son paternel, et cette idée de devenir petit à petit comme lui l'effrayait. C'est ainsi qu'il avait décidé d'enfermer les vingt premières années de sa vie dans un coin de sa mémoire, avec comme règle de ne jamais plus les ressortir, les trouvant mieux inaccessibles.

Il avait tout laissé derrière lui, son amour pour Nina, les soirées passées dans un Moscou illuminé, les journées à dessiner dans le parc de son enfance, les baignades en plein été au lac, tous les souvenirs qui le rendaient, pourtant, si vivant. Même Lana. Lorsque son regard se posa sur elle, il en fut d'autant plus troublé. Sans doute avait-il commencé à se dire que rien n'avait été vraiment réel. Pourtant, certains flashs lui revinrent, certains moments de leur vie, surtout Ce moment. Celui où il avait compris, en vérité. Ce n'était pas qu'un instant échangé par deux âmes un peu trop malheureuses, un peu trop sous influence. Il se rappelait avoir passé des jours entiers enfermé chez lui ensuite, à se demander s'il n'avait pas fait la plus belle erreur de sa vie, non pas en cédant à ses envies, mais justement en ayant pris un chemin totalement différent de celui qu'il aurait voulu prendre, s'il s'était un peu écouté. Puis Nina avait écarté ses doutes, rien que par sa présence. Il avait remis au lendemain, encore et encore, s'était dit que sa vie n'était pas trop mal. Puis elle était morte. S'il avait dû garder ses souvenirs en mémoire tous les jours, éprouver sa culpabilité, quand bien même il ne se souvenait de rien, il serait devenu fou. Ce n'était d'ailleurs pas vraiment passé loin, quatre ans plus tôt. Les images affluaient, comme si elles n'avaient attendu que ce moment pour revenir à lui. Cette nuit à l'hôpital, où il avait tenu la main de la Romanova jusqu'à ce qu'elle trépasse, et même après. Ces nuits à essayer de se rappeler de ce qu'il s'était passé, sans succès. Ne pas savoir si on y était pour quelque chose.

A peine conscient qu'il n'avait pas dit un mot depuis la collision, ou plutôt, depuis qu'il avait vu à qui il avait à faire, il ouvrit la bouche, avant d'être frappé par l'évidence. Il était nu. Enfin, pas vraiment nu, mais en dessous de la fine serviette qui couvrait les parties les plus sensibles de son corps, il était parfaitement nu. Et pour couronner le tout, elle aussi. S'il n'était pas du genre à rougir, cette prise de conscience le rendit d'autant plus gêné. Mais malgré cela, il y avait quelque chose qu'il ne comprenait pas, aussi, avant qu'il ait pu essayer de reformuler sa phrase pour paraître moins agressif, elle sortit de ses lèvres. « Qu'est-ce que tu fais là ? » L'incompréhension se voyait sans doute sur son visage, alors qu'il luttait pour savoir comment réagir, il se demandait si tout ça n'était qu'une coincidence. Mais les chances de croiser la sœur jumelle de son ancienne fiancée, qui habitait Moscou, au milieu des USA ne semblait pas réellement probable, en vérité. Pourtant, étrangement, il espérait que ça le soit. Il n'avait jamais eu l'occasion de s'expliquer. Il ne fallait pas se mentir, il aurait pu. Il aurait pu la contacter sur facebook, lui envoyer une lettre, l'appeler même. Il aurait pu faire toutes ces choses mais la culpabilité l'avait arrêté. Parce qu'il savait qu'il y était pour quelque chose. Il ne savait pas à quel niveau ni pourquoi, il ne pouvait pas l'expliquer, mais il savait que ce n'était pas un simple accident. Et même si ça avait été le cas, elle était sous sa responsabilité, à partir du moment où Nina était avec lui, il devait s'assurer qu'elle allait bien. Et il avait échoué. Il avait certes perdu la femme qu'il aimait, mais il avait failli. Comme faire face à ça ?

Demyan fixait Lana sans doute plus qu'il n'aurait dû. Ce visage lui avait manqué. Il en avait rêvé longtemps après son départ. Revoir le sourire de Nina, celui de Lana, le même et pourtant si différent. Il aurait voulu le lui dire. Qu'il était heureux de la voir, parce que les souvenirs n'étaient pas tous mauvais, loin de là. Mais la mort de Nina planait de nouveau si fort au dessus de sa tête qu'il aurait été bien en peine de sortir la moindre banalité, quand bien même il l'aurait voulu. « Hmm … J'allais aller m'habiller.» La vérité était qu'il n'avait aucune idée de comment réagir face à Lana, et que sa meilleure réponse avait toujours été la fuite.

© charney
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Message You look like a stranger + Demy&Lana › Mar 29 Déc - 22:04


   
   Demyan & Lana
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C
e visage lui fait un effet étrange. Il y avait si longtemps qu'elle ne l'avait pas vu. Elle ressentait un mélange de sentiments inexpliqué face à lui : le souvenir de sa sœur morte, d'une part, de cette affreuse nuit où elle s'était rendue à l'hôpital et où on lui avait annoncé qu'elle était décédée. Mais il n'y avait pas que ça. Il y avait aussi leur rencontre et les premiers temps où ils s'étaient côtoyés et puis, et surtout, cette fameuse soirée où l'alcool les avait faits fauter. Tout ça se bousculait dans sa tête, ne l'aidant absolument pas à se concentrer. Le fait que Demyan soit uniquement couvert d'une serviette et qu'il soit torse nu ne l'aidait pas non plus.

« Qu'est-ce que tu fais là ? » La question accentua encore sa gêne. La Russe se trouvait dans une situation totalement inverse que celle qu'elle avait imaginée. L'idée qu'elle se faisait de leur première conversation était toute autre : elle était en pleine possession de ses moyens, certainement pas nue sous une serviette et c'était elle qui posait des questions à Demyan, lui qui se sentait gênée. Elle ne voyait pas de bonne réponse à sa question car lui dire qu'elle était là pour obtenir des réponses, qu'elle l'avait retrouvé puis suivit jusqu'ici la ferait passer pour légèrement... psychopathe. « Je suis venue faire du sport. » Lana ne répondait pas du tout à la véritable interrogation de Demyan, elle en avait parfaitement confiance mais sortit néanmoins cette phrase avec un certain aplomb.

Le silence s'installa, gênant et pesant, tandis que la Romanova fixait le Russe peut-être un peu trop intensément. Elle le savait ici, contrairement à lui qui devait la croire toujours à Moscou, s'il lui arrivait si tant soit peu de penser à elle - pourquoi le ferait-il, d'ailleurs ? - alors elle aurait du être moins surprise que lui. Mais non, ce visage remuait bien trop de choses pour la laisser indifférente et elle ne parvenait pas à le lâcher des yeux. Jusqu'à ce qu'il parle à nouveau, la sortant de ses pensées. « Hmm … J'allais aller m'habiller. » Ils restèrent face à face encore une petite seconde jusqu'à ce que Demyan, un dernier regard impénétrable adressé à la Russe, tourne les talons et se dirigent vers les cabines. Lana resta plantée en plein milieu du couloir encore plusieurs secondes avant de se rendre à son casier.

Seule, dans sa cabine, elle se sécha et se changea à toute vitesse, fourrant ses affaires de sport dans son sac. Elle noua rapidement ses cheveux en une tresse brouillonne. Les quelques minutes passées dans la cabine lui clarifièrent les idées. Certes, la rencontre n'était pas de son fait, mais elle avait quand même eu lieu. Alors elle n'allait certainement pas se défiler maintenant, elle n'avait pas fait tout ce chemin pour rien.  La Romanova retrouva tout son aplomb et tout son désir de confronter l'Armyanski. Il lui fallait des réponses, et elle les aurait. La mort de Nina ne pouvait rester mystérieuse, sans coupable, et Demyan ne pouvait continuer à se défiler. Lana sentit que la haine et la colère effaçaient enfin la gêne et la timidité ressenties tout à l'heure.

D'un pas décidé, la brune quitta le bâtiment et resta plantée devant les marches, calme et sereine, sachant ce qu'elle avait à faire. Les minutes s'écoulèrent, beaucoup trop longue au goût de la Russe, qui commençait à se demander s'il n'était pas déjà parti. Il avait peut-être sentit que Lana n'était pas là par hasard et avait pris la fuite. Ce ne serait pas la première fois. Alors qu'elle se décidait à remonter les marches pour demander au concierge s'il n'avait pas vu un jeune homme quitter les lieux, Demyan apparut. Elle ne vit pas s'il était surpris de la voir encore là, refusant de trop regarder son visage pour ne pas être déconcentrée. Lorsqu'il fut devant elle, son regard plein de colère se planta enfin dans le sien et ce fut d'une voix sans timbre qu'elle parla. « Je n'ai pas fait tout ce chemin pour rien. Il faut qu'on parle. »
WILDBIRD
 
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Message You look like a stranger + Demy&Lana › Jeu 21 Jan - 18:25

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Une fois dans les vestiaires, Demyan resta de longues minutes sans réellement savoir que faire. Des tonnes de sentiments tournaient à l'intérieur de lui, mais plus particulièrement, il avait mal. C'était un visage qu'il ne s'attendait plus à revoir, un visage éteint depuis des années, auquel il évitait de trop penser pour ne pas sombrer. Les souvenirs affluaient, inévitablement. Les bons comme les mauvais. Sans doute était-ce les bons qui le torturaient le plus. Il avait pu faire comme si rien de tout cela ne s'était passé pendant des années comme s'il avait vécu un cauchemar et qu'il était maintenant bel et bien éveillé, ancré dans sa réalité qui était bien plus fructueuse. Il ne vivait certes pas, il survivait. Il ne s'attachait pas, se contentait de dessiner et jouer du piano, parfois sortant pour aller courir, mais c'était tout. Il n'y avait rien d'autre. Le reste, il l'avait déjà vécu et il donnerait cher pour ne pas avoir à le revivre. Il était nocif, il le savait, tous ceux qui l'approchaient finissaient par en payer le prix fort et il ne voulait pas que cela arrive encore une fois. Alors il évitait tout ce qui pouvait faire surgir en lui ne serait-ce que l'ombre d'une émotion. A Londres, il avait échoué. Pas ici, il ne voulait pas échouer ici. Surtout si la personne à le payer était Lana.

On pensait souvent pouvoir fuir le passé, pouvoir oublier ce que l'on avait fait, ce que l'on avait été, repartir de zéro et enfin avoir la paix. C'était une erreur de le croire. Personne ne pouvait ad eternam faire comme si. Comme s'il n'avait pas provoqué la mort de sa fiancée. Il ne le comprenait pas lui même, en réalité. Comment avait-il pu mettre fin à son bonheur sans en avoir le moindre souvenir. Mais c'était ainsi que les choses se passaient à l'intérieur de son esprit, comme une lutte sans merci qu'il ne pouvait espérer gagner. Au bout de quelques minutes pourtant, il se décida à se changer, enfila des vêtements avec une extrême lenteur. Il n'était pas assez stupide pour croire que Lana était partie de Russie pour arriver à Marple Spring de manière hasardeuse. La ville n'était pas assez grande, les probabilités trop faibles. L'avait elle tracé jusqu'ici, après toutes ces années ? Il se souvenait du dernier jour, à l'hôpital. Il se souvenait avoir voulu lui parler, être tiré dans le sens inverse par son père. Il n'avait jamais su s'expliquer mais actuellement, il ne saurait quoi dire pour sa défense. Il l'aurait peut-être pu, à l'époque. Dire la vérité, elle l'aurait cru. Elle l'aurait vu, qu'il ne pouvait pas mentir, qu'il aimait trop Nina pour ça. Mais pas maintenant. L'amour, pour elle comme pour n'importe qui d'autre, n'était qu'un souvenir qu'il n'avait pas ressenti depuis des années. Il n'était même pas sûr de ce que cela voulait dire, maintenant.

Au bout d'un moment, le russe comprit qu'il ne pourrait pas rester éternellement dans ces vestiaires, les autres hommes le regardant presque de travers, se demandant ce qu'il faisait alors qu'il semblait prêt à sortir depuis au moins cinq minutes. Alors il franchit la porte, et avec un pas plus qu'hésitant, sortit du complexe sportif. Comme il s'y attendait, Lana était là, toujours là, et cette fois, partir n'était pas vraiment une option. Il pourrait, il le pouvait toujours, mais à quoi bon ? Il n'allait pas marcher dix minutes en espérant qu'elle ne le suive pas, lui déchargeant toute la colère possible sans en retirer aucune réponse, la scène serait tout bonnement ridicule et hors de propos. Alors il s'arrêta devant elle, posa son sac au sol et la fixa. « Alors parle. » Il n'aurait pas su que dire de toute manière. Il aurait pu trouver quelque chose. Des excuses, pour commencer. Mais s'excuser de quoi ? Désolé que ta sœur soit morte ? Désolé d'être parti comme un voleur ? Désolé de ne t'avoir rien dit ? Désolé d'avoir été un gros con ?

Finalement, il n'y avait rien qu'il puisse dire pour excuser son acte, il avait foutu sa vie en l'air. Il aurait tout donné pour remonter le temps, empêcher qu'elle ne le rencontre, empêcher qu'il ne rencontre Nina. Elle serait probablement toujours en vie à l'heure actuelle. Mais il ne le pouvait pas et pour ça, il n'avait aucune réponse à lui donner. Satisfaisante, du moins. « Comment tu m'as trouvé ? » Ce n'était pas une question très importante. Il s'en moquerait presque, mais il ne pouvait pas ne rien dire. Il n'en avait pas vraiment le droit après ce qu'il lui avait fait subir.  

© charney
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